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Jeunesse haïtienne : l’échec a assez duré, engagez-vous

Par - Mis à jour le 2026-01-22 à 13:05

Publié le 2026-01-22 à 13:05

HCI

 

Quarante ans après 1986, le temps n’est plus à la nostalgie ni aux mythes. Il est temps de regarder le bilan en face, sans complaisance, sans peur, sans excuses. La génération dite post-1986 s’est présentée comme celle de la rupture historique, de la démocratie retrouvée, de la modernisation de l’État. Quarante ans après, le pays n’a pas été construit.

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Quarante ans après, aucune route moderne n’a été réalisée, même à la dimension de la Grand-Rue ou du boulevard Harry Truman. Pas un axe structurant, pas un projet urbain ambitieux, pas une vision de développement cohérente. L’espace public est resté étroit, désorganisé, abandonné.

Quarante ans après, aucun stade de football n’a été construit. Dans un pays où le football est un langage populaire, un espace de rassemblement, un outil social puissant, cette absence est un aveu : la jeunesse n’a jamais été une priorité, seulement un discours.

Quarante ans après, aucun aéroport n’a été construit, capable de dépasser, de compléter ou de déconcentrer l’aéroport international de Port-au-Prince. Le pays est resté centralisé, fragile, dépendant, incapable de penser son territoire et sa mobilité.

Quarante ans après, aucune salle de cinéma moderne n’a été construite. Au lieu de développer une véritable politique culturelle, on s’est contenté de rénover le Cinéma Triomphe, comme si un pays pouvait se projeter dans l’avenir avec un seul vestige rénové du passé. La culture a été traitée comme un luxe, jamais comme un pilier.

Quarante ans après, c’est la République dominicaine qui a construit une université pour Haïti, pendant que les dirigeants issus de la classe post-1986 étaient incapables d’investir durablement dans l’enseignement supérieur. C’est une humiliation politique et historique. Dans le même temps, presque tous les hommes et les femmes issus de cette classe post-1986 se sont enrichis, souvent au détriment direct de la masse populaire. La pauvreté s’est généralisée, les privilèges se sont concentrés.

Sur le plan politique, l’échec est encore plus profond. Quarante ans après, la gauche haïtienne est incapable de créer un véritable espace autonome de discussion politique. Elle préfère se réunir sous les bancs des facultés, s’abriter derrière l’argument du manque d’argent, alors que l’histoire montre que les grands mouvements politiques ne naissent pas de budgets, mais de volonté, d’organisation et de courage.

Pire encore, les dirigeants qui se disent progressistes passent leur temps à donner des consultations aux ONG, tout en se revendiquant altermondialistes. Ils dénoncent le système, mais vivent de lui. Ils critiquent l’ordre dominant, mais en tirent leurs avantages. Ce n’est plus une incohérence idéologique. C’est une faillite morale et politique.

Jeunes d’Haïti,

si vous ne vous engagez pas, le pays continuera d’être dirigé par ceux qui parlent beaucoup et construisent peu. Si vous restez en dehors de la politique, l’échec continuera à se transmettre comme un héritage.

Vous devez entrer en politique. Pas pour répéter les discours de 1986. Pas pour gérer la misère. Mais pour rompre avec quarante ans d’imposture. Vous devez créer de vrais espaces politiques, ouverts, populaires, enracinés, et non des cercles fermés réservés à une élite universitaire.

Vous devez refuser la politique comme carrière individuelle et la reprendre comme outil de transformation collective.

L’avenir d’Haïti ne se construira ni dans les ONG, ni dans les amphithéâtres fermés, ni dans la répétition stérile des slogans du passé. Il se construira quand une nouvelle génération décidera de prendre le pouvoir politique avec lucidité, courage et responsabilité.

Jeunes d’Haïti, le pays n’a plus besoin de commentaires. Il a besoin de bâtisseurs politiques. L’heure n’est plus à l’attente. L’heure est à l’engagement.

Jean Roody SAINT JUSTE

Journaliste, syndicaliste et citoyen engagé

 

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