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Haïti-crise : l'échec du PM Alix Didier Fils-Aimé est celui de l’Ambassade américaine à Port-au-Prince

Par - Mis à jour le 2026-02-20 à 21:02

Publié le 2026-02-20 à 21:00

Le PM Alix Didier Fils-Aimé accompagné du haut état major des FAD'H et de la PNH.

L’arrivée du nouveau chargé d’affaires à l’ambassade des États-Unis à Port-au-Prince, Henry T. Wooster, en juin 2025, a marqué un nouveau tournant dans la perception de l'opinion publique de l'approche américaine de la politique du pays. On a comme l'impression que les USA reprennent en main la crise haïtienne. L'administration américaine se montre résolue à accompagner le peuple haïtien dans sa quête d'un retour à l'ordre. Tout acteur du paysage politique haïtien faisant obstacle à cela a désormais une épée de Damoclès au-dessus de sa tête.

 

Par Akao Gerson Dominique 

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Avant la date marquant la fin de l'ère du CPT, le 7 février 2026, se servant de leur régime de sanctions, les États-Unis d'Amérique en particulier ont remis le pouvoir au PM Alix Didier Fils-Aimé et dissuadé les membres du Conseil Présidentiel de Transition dans leur entêtement à s’accaparer le pouvoir.

Après moult tentatives d’évincement qui se sont révélées vaines, le coup de force de la communauté internationale, dont les USA par la voix de leur ambassade à Port-au-Prince, a permis au PM Alix Didier Fils-Aimé de rester aux commandes, empêchant ainsi les membres du Conseil Présidentiel de Transition d'assurer impunément leur propre succession après une gestion catastrophique du pays.

Dans sa velléité de se maintenir au pouvoir au grand dam du peuple haïtien, le CPT voulait assurer ses arrières et se protéger de toute poursuite judiciaire à la suite de ses innombrables actes de corruption avérés. À toute chose, malheur est bon. Par leur présence fortement remarquée, les USA ont corrigé le cahier des conseillers réfractaires et assuré une passation de pouvoir de manière pacifique. 

Démasqués et pris à parti, ces jusqu'au-boutistes n'entendent pas changer de métiers ni hisser leur drapeau blanc. À l'insu de tous, ils sont quand même parvenus à tendre un piège au locataire de la primature en créant une opposition politique issue de sa dernière tentative de consultation qui se proposait de déterminer la configuration de la transition post-7 février 2026, avec l'adhésion de certains partis politiques.

En tant que chef du Conseil Supérieur de la Police Nationale, Alix Didier Fils-Aimé a consacré sa prise de pouvoir à travers sa bataille ultime, qui a réussi à neutraliser la capacité de nuisance de la coalition criminelle Viv Ansanm, laquelle se préparait à reproduire, au bénéfice du CPT, le scénario ayant conduit à la chute de l'ex-PM Ariel Henry.

Dès le 8 février 2026, le PM a changé de posture et envoyé un message politique fort à la communauté internationale et aux acteurs politiques haïtiens, particulièrement à ses pairs du CPT qui avaient violé l'accord du 3 avril 2024 pour l'imposer comme chef du gouvernement. Alix Didier Fils-Aimé affiche une volonté de légitimer son pouvoir au nom de la lutte contre les gangs. Et celui-ci n'offre que deux options à ses adversaires politiques : soit ils composent avec son gouvernement, soit ils seront écartés et pourchassés par tous les moyens.

C'est exactement là que le bât blesse. Le manque d'ouverture au dialogue du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé conduira à une crise politique sans précédent susceptible de compromettre les avancées significatives des forces de l'ordre dans leurs efforts pour combattre le grand banditisme à Port-au-Prince, tandis que les villes de province échappent à leur contrôle.

La position affichée par le PM Alix représente une entorse au processus de dialogue qu'il a lancé sous la pression de la communauté internationale. Dans le contexte actuel, la voie du dialogue ne doit pas se résumer à un partage de gâteau pour une meilleure conservation du pouvoir. Trahi par sa volonté de régner en maître et seigneur, le titulaire de la primature, Alix Didier Fils-Aimé, risque de plonger le pays dans le chaos en choisissant de diriger avec son petit clan.

L'article 149 de la Constitution amandée de 1987, le fil auquel s'accroche le pouvoir du PM, outre le soutien de la communauté internationale, dont les USA

L'article 149 de la Constitution amandée de 1987, plaçant le pouvoir exécutif sous l'égide du Conseil des ministres en cas de vacance présidentielle, ne suffit pas à Alix Didier Fils-Aimé pour asseoir son pouvoir après avoir, le lundi 8 février 2026, pris acte du vide occasionné par la fin du mandat du CPT conformément à l'accord du 3 avril 2024. L'urgence de la signature d'un nouvel accord s'impose, bien que les protagonistes de la crise ne soient pas prêts à placer les intérêts de la nation au premier plan. Ce nouveau pacte consistera à limiter dans le temps la gouvernance d’Alix Didier Fils-Aimé et à fixer sa responsabilité, qui n’est autre que le rétablissement de l’ordre et l’organisation d’élections pouvant être au-dessus de toute contestation.

Vu qu'à l'heure actuelle il est impossible de trouver un accord entre les acteurs haïtiens, la médiation de la communauté internationale, qui se veut pourtant infructueuse, devient la seule alternative pouvant aboutir à une solution conjoncturelle. Dans ces conditions, on entrevoit l'échec de la mission première de la dernière manche de la transition, qui s'annonce très mouvementée et sera marquée par des promesses non tenues, des scandales de corruption et des détournements de fonds publics.

Face à cet échec cuisant, comme d'habitude, pour sauver son image, les USA brandiront leur régime de sanctions stériles

Depuis la complication de la crise haïtienne marquée par l'assassinat du président Jovenel Moïse, les USA infligent des sanctions à des chefs de file de puissants groupes de gangs et à des acteurs politiques impliqués dans la violence armée instaurée en Haïti. Jusqu'à ce jour, ces chefs de gangs sont libres dans la nature et continuent de piller, de violer et de tuer en toute impunité. Les personnalités politiques sanctionnées, de leur côté, restent tout aussi puissantes. Certaines agissent dans l'ombre et d'autres ouvertement. Aucun mécanisme n'a jusqu'ici été enclenché au niveau local pour que la justice haïtienne fasse la lumière sur les accusations formulées par la communauté internationale, les Américains en particulier. Les mesures de sanction, initiative très plébiscitée, n'aboutissent guère à des résultats concrets dans la réalité. Les dernières sanctions infligées aux membres du CPT accusés d'affiliation avec des gangs en sont bien la preuve. Concrètement, elles n'ont réussi qu'à permettre à Alix Didier Fils-Aimé de prendre le relais à la suite de la fin du mandat du collège présidentiel.

 Les conseillers-présidents visés par des sanctions américaines n'ont pas été, jusqu'à présent, invités à rendre des comptes à la justice haïtienne. Ils partent en toute tranquillité jouir du luxe qu'ils ont acquis. Ils restent tout aussi puissants sur la scène politique.

Étant donné qu'une frange dure de la classe politique se prépare à s'organiser dans l'opposition pour mettre des bâtons dans les roues du gouvernement d'Alix jusqu'à son renversement, à ce moment-là, les sanctions et restrictions de visas seront l'arme redoutable de l'ambassade américaine devant calmer le jeu et contraindre les acteurs haïtiens à trouver une entente. 

Outre la mise en cause de leur inefficacité, les sanctions américaines perdent davantage de leur importance aux yeux du peuple haïtien, esseulé dans sa souffrance. Ainsi, l'ambassade américaine à Port-au-Prince est appelée à changer son fusil d'épaule et à exhorter l'administration américaine à rendre sincère sa politique envers Haïti. La situation de crise à laquelle est confronté le pays, malgré la tutelle américaine, représente une tache d'huile sur la puissance hégémonique qu'étendent les USA dans la région.

Akao Gerson Dominique 

dominiquenisco9@gmail.com

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