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La FEDOFEDH pose les conditions de la réussite du Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections du gouvernement
Par - Mis à jour le 2026-02-24 à 02:48
Publié le 2026-02-24 à 02:48
FEDOFEDH
La rédaction de HCI publie, en toute intégralité, la position de la FEDOFEDH sur la signature du Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections entre le gouvernement et différentes structures politiques.
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POSITION de la Fédération des Organisations de Femmes pour l’Égalité des Droits Humains (FEDOFEDH)
Sur le Pacte National pour la Stabilité et l’Organisation des Élections – 2026
La Fédération des Organisations de Femmes pour l’Égalité des Droits Humains (FEDOFEDH) salue l’initiative du Pacte National pour la Stabilité et l’Organisation des Élections, qui constitue une tentative structurée de réponse à la crise institutionnelle et sécuritaire persistante que traverse Haïti depuis 2021.
Le Pacte reconnaît avec pertinence la nécessité de restaurer la sécurité, garantir la continuité de l’État et d'organiser des élections inclusives et transparentes. Il introduit également des mécanismes importants tels que :
-un gouvernement technique et impartial,
-un comité consultatif multi-acteurs,
-un encadrement du processus électoral modernisé.
Cependant, la FEDOFEDH souligne que la réussite de ce Pacte dépendra moins de son contenu que de sa mise en œuvre effective, dans un contexte marqué par la fragmentation politique, la persistance des groupes armés et la défiance généralisée envers les institutions.
En ce sens, la FEDOFEDH exprimé quelques préoccupations majeures:
a) Absence d’engagement explicite en faveur de l’égalité de genre:
Malgré son caractère inclusif affiché, le Pacte ne garantit pas explicitement la participation équitable des femmes :
-ni dans la formation du gouvernement,
-ni dans le comité consultatif,
-ni dans le processus électoral.
Cela constitue une limite importante, alors même que les femmes sont fortement affectées par la crise (violences, déplacements) et sous-représentées dans les espaces décisionnels.
b) Risques liés à la gouvernance intérimaire
La concentration du pouvoir exécutif au sein du Conseil des Ministres, bien que prévue, comporte des risques :
-dérives politiques,
-manque de redevabilité,
-instrumentalisation de l’appareil d’État.
Le Pacte prévoit des principes de neutralité, mais les mécanismes de contrôle et de sanction restent insuffisamment détaillés.
c) Défis sécuritaires sous-estimés:
La priorité accordée à la sécurité est pertinente, notamment via le renforcement de la PNH et la coopération internationale.
Cependant,la capacité réelle de reprise territoriale reste incertaine et les conditions minimales pour des élections crédibles ne sont pas encore réunies dans plusieurs zones.
d) Inclusion limitée des populations vulnérables:
Le Pacte évoque des programmes de réinsertion et de soutien aux déplacés , mais sans cadre opérationnel clair, sans garanties budgétaires, sans approche spécifique genre.
La FEDOFEDH reconnaît plusieurs leviers positifs à consolider :
-la volonté de dialogue national structuré,
-l’intégration de la diaspora dans le processus électoral,
-l’engagement à moderniser l’administration électorale,
-la perspective de réformes institutionnelles soumises à ratification populaire.
Ces éléments peuvent contribuer à une sortie de crise si leur mise en œuvre est inclusive, transparente et encadrée et limitée dans le temps.
Dans une posture constructive, la FEDOFEDH formule les recommandations suivantes :
1. Institutionnaliser la participation des femmes
Garantir un minimum de 30 % de femmes dans : le gouvernement, le comité consultatif, les instances électorales. Intégrer une approche genre dans tous les programmes de stabilisation.
2. Renforcer les mécanismes de redevabilité
Mettre en place un organe indépendant de suivi citoyen, incluant des organisations de femmes.
Publier régulièrement : l’état d’avancement de la feuille de route, les décisions clés du gouvernement intérimaire.
3. Prioriser la sécurité humaine en Intégrant la protection contre les violences basées sur le genre, l’accès aux services essentiels (santé, abris, alimentation), le soutien psychosocial.
4. Conditionner le processus électoral à des critères minimaux en définissant des indicateurs clairs de sécurité et d’accessibilité territoriale avant toute tenue d’élections tout en garantissant la participation effective des femmes, des déplacés et des populations rurales.
5. Assurer une inclusion réelle des organisations de la société civile au-delà d’un rôle consultatif en les impliquant à la
participation active à la co-construction des politiques, et la reconnaissance des organisations de femmes comme partenaires stratégiques.
La FEDOFEDH considère que ce Pacte représente une base de travail utile mais insuffisante en l’état ET surtout sans aucune limite dans le temps donc sa réussite dépendra de la volonté politique réelle, de l’inclusivité du processus, de la transparence dans la gouvernance, et la capacité à répondre concrètement aux besoins des populations, en particulier des femmes.
La Fédération réaffirme sa disponibilité à contribuer activement au dialogue national,
accompagner les mécanismes de suivi,
et porter la voix des femmes dans cette phase cruciale de transition.
Fedofedh, toujours présent pour veiller aux intérêts des femmes et filles du pays!
Novia Augustin
Présidente, FEDOFEDH
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