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Blanchiment d’argent : l’ONLCC interpelle l’UCREF à l’approche des élections
Par - Mis à jour le 2026-08-03 à 14:06
Publié le 2026-08-03 à 14:06
ONLCC
À quelques mois des élections annoncées pour décembre, la question du financement illicite et de la circulation de l’argent provenant d’activités criminelles devient un enjeu majeur. Dans une note de presse publiée le 30 juillet, l’Organisation nationale de lutte contre la corruption et la criminalité (ONLCC) interpelle l’Unité centrale de renseignements financiers (UCREF) sur son silence présumé face aux dénonciations relatives au blanchiment d’argent.
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L’ONLCC estime que l’absence de résultats visibles de l’UCREF soulève de sérieuses interrogations sur la capacité des institutions haïtiennes à identifier les flux financiers suspects et à transmettre les informations nécessaires aux autorités judiciaires et policières.
Cette interpellation intervient dans un contexte particulièrement sensible. Alors que le pays se prépare à organiser des élections, la traçabilité des ressources utilisées pour financer les campagnes devrait constituer une priorité. L’argent provenant du crime organisé pourrait, s’il est introduit dans l’économie légale, être utilisé pour financer des activités politiques et influencer le processus électoral.
Le risque est particulièrement préoccupant dans un pays confronté depuis plusieurs années à une crise sécuritaire alimentée par la puissance financière des réseaux criminels. Les revenus issus des enlèvements, du trafic et d’autres activités illicites peuvent permettre à ces réseaux de maintenir leurs structures, d’acquérir des équipements et de renforcer leur influence.
Dans sa note, l’ONLCC demande notamment à l’UCREF de répondre à plusieurs questions sur la circulation des fonds provenant des enlèvements et sur les mécanismes permettant à des ressources issues d’activités criminelles de circuler dans le système financier. L’organisation évoque également les difficultés rencontrées par certains citoyens pour retirer leur argent et s’interroge sur les pratiques financières observées dans plusieurs villes du pays.
À l’approche des élections, ces interrogations prennent une dimension politique. Si des capitaux issus de la criminalité étaient utilisés pour soutenir des candidats ou des structures politiques, cela pourrait compromettre l’équité du scrutin et créer une dangereuse proximité entre pouvoir politique et réseaux criminels.
L’appel de l’ONLCC mérite donc une réponse institutionnelle. La lutte contre le blanchiment ne concerne pas uniquement la protection du système financier : elle touche directement à la sécurité nationale, à la gouvernance et à la crédibilité des élections.
À quelques mois du scrutin, une question demeure essentielle : qui finance les acteurs politiques, d’où proviennent les fonds et par quels circuits transitent-ils ? La capacité des institutions haïtiennes à apporter des réponses crédibles à ces interrogations sera déterminante pour la crédibilité du processus électoral.
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