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L’ONLCC dénonce l’opacité du contrat de 542 millions de dollars entre l’État haïtien et des firmes de sécurité étrangères

Par - Mis à jour le 2026-03-02 à 19:24

Publié le 2026-03-02 à 19:23

ONLCC

L’Observatoire National de Lutte contre la Corruption (ONLCC) monte au créneau contre ce qu’il qualifie de « dérive opaque et préoccupante » dans la gestion d’un contrat de sécurité liant le gouvernement haïtien à des firmes étrangères. Au cœur de la controverse : un accord évalué à 542 634 238 dollars américains, validé par la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSCCA), pour une durée de dix ans.

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Selon l’ONLCC, ce contrat de gré à gré, conclu sans appel d’offres, soulève de sérieuses inquiétudes quant au respect des principes de transparence, de bonne gouvernance et de reddition de comptes. L’organisation affirme que l’État haïtien doit verser, dès l’entame du projet, 13 600 000 dollars américains au titre de frais de mobilisation, une somme jugée excessive dans le contexte économique actuel du pays.

L’Observatoire rappelle qu’une année s’est déjà écoulée depuis que le gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé, en collaboration avec un groupe de mercenaires dirigé par Erik Prince, utilise des drones dans la lutte contre l’insécurité. Or, selon l’ONLCC, aucun résultat tangible n’a été constaté. Aucun chef de la coalition criminelle « Viv Ansanm » n’a, jusqu’à ce jour, été arrêté ou neutralisé.

L’organisation souligne également le silence persistant des autorités sur le montant exact d’un précédent contrat lié à ces opérations sécuritaires, estimé entre 45 et 46 millions de dollars. Ce manque de communication officielle alimente, selon elle, les soupçons d’irrégularités et de mauvaise gestion des fonds publics.

Autre point d’achoppement : la décision de la CSCCA de valider le contrat avec la firme Ever Green, alors que, d’après des informations relayées par Le Nouvelliste, le dossier aurait initialement été retourné pour des irrégularités majeures.

L’ONLCC s’interroge sur ce revirement et exige des explications claires quant aux correctifs apportés. Pourquoi la Cour des comptes, après avoir relevé des vices de forme, a-t-elle finalement donné son aval ? Quelles garanties ont été offertes pour protéger les intérêts de l’État haïtien ?

Des questions de souveraineté et de légalité

L’Observatoire estime qu’un contrat d’une telle ampleur financière et stratégique aurait dû faire l’objet d’un débat national, voire recevoir l’aval du Parlement. En l’absence d’un pouvoir législatif fonctionnel, l’ONLCC considère qu’un mécanisme alternatif de consultation publique aurait été nécessaire afin d’éviter tout soupçon de corruption.

L’organisation s’interroge également sur la pertinence d’un tel investissement : pourquoi ne pas consacrer ces centaines de millions de dollars au renforcement direct des Forces Armées d’Haïti (FAd’H) et de la Police Nationale d’Haïti (PNH) ? Pour l’ONLCC, le recours massif à des firmes étrangères pourrait fragiliser davantage la souveraineté nationale.

L’Observatoire rappelle qu’Erik Prince, fondateur de l’ex-société militaire privée Blackwater, traîne un passé controversé, marqué notamment par une amende de 42 millions de dollars infligée par la justice américaine pour violation des règles d’exportation d’armes. Des médias internationaux ont également évoqué l’implication de sa société dans des incidents meurtriers en Irak en 2007.

Appel à la mobilisation

Face à ces zones d’ombre, l’ONLCC appelle la société civile, les partis politiques et les forces vives de la nation à exiger des comptes. L’organisation estime que la validation d’un contrat décennal d’un tel montant engage lourdement les finances publiques et pourrait ouvrir la voie à une corruption à grande échelle.

Pour l’Observatoire, la lutte contre l’insécurité ne saurait se faire au détriment de la transparence, de la souveraineté nationale et du respect des règles de gouvernance démocratique.

 

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