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Élections en Haïti : les personnes handicapées exigent une participation effective et sans discrimination

Par - Mis à jour le 2026-08-06 à 02:14

Publié le 2026-08-06 à 02:13

Les OPH unissent leurs voix.

 

À mesure que le processus électoral haïtien avance vers les prochains scrutins, les organisations de personnes handicapées (OPH) intensifient leur plaidoyer pour que l’inclusion ne demeure pas une simple disposition inscrite dans les textes. Elles demandent au Conseil électoral provisoire (CEP) et aux autres acteurs concernés de mettre en place des garanties concrètes permettant aux personnes handicapées d’exercer pleinement leur droit de vote, dans des conditions d’égalité, d’autonomie, de confidentialité et de dignité.

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Depuis le lancement du processus électoral en novembre 2025, la participation des personnes handicapées constitue une préoccupation majeure pour les organisations qui défendent leurs droits. Le débat sur l’inclusion électorale prend aujourd’hui une importance particulière, alors que les autorités poursuivent les différentes étapes devant conduire aux prochains scrutins.

C'est dans cette perspective que le Réseau des Associations des Femmes Handicapées Haïtiennes (RAFHAH) et plusieurs organisations partenaires avaient transmis au CEP des recommandations portant notamment sur leur inclusion dans le projet de décret électoral. Ces propositions visaient à renforcer les garanties permettant aux personnes handicapées en âge de voter de participer effectivement au processus.

Des recommandations pour une élection accessible

Parmi les mesures proposées figurent l’accessibilité physique des bureaux de vote, la formation des agents électoraux sur les droits des personnes handicapées, la mise à disposition de supports adaptés pour les personnes non voyantes ou malvoyantes ainsi que le recours à une communication accessible, notamment pour les personnes sourdes.

Pour les OPH, le droit de vote ne peut être considéré comme garanti uniquement parce qu’il est reconnu juridiquement. Son exercice effectif suppose que les électeurs puissent accéder aux bureaux de vote, comprendre les informations électorales, effectuer leur choix de manière autonome lorsque cela est possible et bénéficier des aménagements raisonnables nécessaires.

« Le droit de vote ne doit pas seulement exister dans les textes. Il doit pouvoir être exercé dans la réalité », soutiennent les organisations.

Le cadre juridique ne suffit pas

Le décret électoral publié en 2026 constitue désormais l’un des principaux cadres juridiques du processus électoral haïtien. Le texte comporte des dispositions relatives à la participation des personnes handicapées. Toutefois, les organisations de défense de leurs droits estiment que ces garanties doivent être accompagnées de mécanismes opérationnels permettant leur application effective sur le terrain.

Le RAFHAH et ses partenaires plaident notamment pour une meilleure prise en compte du handicap dans les outils de collecte des données électorales. L’objectif est de pouvoir mesurer la participation des personnes handicapées et d’identifier les obstacles auxquels elles sont confrontées avant, pendant et après les opérations de vote.

Les organisations insistent également sur la situation particulière des femmes handicapées, qui peuvent être confrontées à une double barrière liée au handicap et au genre. Elles demandent ainsi que leur participation fasse l’objet d’une attention spécifique dans les politiques et mécanismes d’inclusion électorale.

L’accessibilité, un test pour le processus électoral

Au-delà des dispositions légales, l’accessibilité des opérations électorales demeure l’une des principales préoccupations des OPH. Elles souhaitent notamment que les infrastructures utilisées comme bureaux de vote soient adaptées, que les informations électorales soient disponibles dans différents formats et que les agents soient suffisamment formés pour répondre aux besoins spécifiques des électeurs handicapés.

Pour les organisations, ces mesures doivent être appliquées à l’ensemble de la chaîne électorale et non uniquement le jour du scrutin. L’accessibilité doit également concerner l’information, l’inscription, la sensibilisation, la campagne électorale et les différents services proposés aux électeurs.

Elles encouragent, par ailleurs, le CEP à renforcer sa collaboration avec les organisations représentatives des personnes handicapées. Selon elles, cette coopération permettrait de mieux identifier les obstacles et de concevoir des réponses adaptées aux réalités vécues par les différents groupes concernés.

Le RAFHAH veut maintenir la pression

Avec l’avancement du calendrier électoral, le RAFHAH et ses partenaires entendent poursuivre leur travail de plaidoyer et observer la manière dont les mesures d’inclusion seront effectivement appliquées dans les différents départements du pays.

Les organisations attirent également l’attention du Bureau du Secrétaire d’État à l’Intégration des Personnes Handicapées (BSEIPH), auquel elles demandent de jouer pleinement son rôle d’interface auprès des autorités et des institutions impliquées dans le processus électoral. Elles souhaitent notamment que le BSEIPH accompagne les OPH et les autres acteurs engagés dans la promotion d’un processus électoral accessible.

Selon les organisations de défense des droits des personnes handicapées, celles-ci représenteraient environ 15 % de la population haïtienne, ce qui constitue un électorat qui, selon elles, ne saurait être négligé.

 

D'après leur lecture, la crédibilité et la réussite du processus électoral dépendront aussi de la capacité des autorités à garantir la participation de l’ensemble des citoyens et citoyennes, sans discrimination et sans laisser les personnes handicapées à l’écart de la vie démocratique.

HCI 

 

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